La clinique du docteur Cuénot à Arcachon est bombardée de pierres, du mois de mai au mois de septembre 1963, sans que l’on puisse trouver d’explication rationnelle. Des projectiles de toutes natures et de toutes tailles tombent autour du personnel et des patients. Le commissaire de police local ne juge pas utile de procéder à une enquête. Le professeur Robert Tocquet, appelé en renfort, conclut après une étude minutieuse que cette pluie de pierres est liée à la présence d’une jeune malade névrotique. Elle ne peut en aucun cas être tenue pour responsable du lancement des projectiles, mais le phénomène cesse après son transfert dans une autre clinique.
Detail de l'histoire
Le Pr Robert Tocquet , éminent spécialiste du paranormal, a personnellement enquêté sur ce cas :
Robert Tocquet, envoyé sur place pour enquêter, s'installe (en septembre) dans la chambre contiguë à celle de Jacqueline. Il écrit :
Nous disposons ici d’un témoignage de première main, donné par un observateur reconnu. Le cas est particulièrement significatif, car il met en œuvre deux jeunes filles, se succédant l'une l'autre sans intervalle dans le même établissement (et qui plus est dans la même chambre). Or il est statistiquement exclu que le hasard ait ainsi réuni deux sujets présentant tous deux des capacités aussi fortes et aussi rares. Si on élimine l’idée d’un " esprit ", on est conduit à faire intervenir le personnel de la clinique et les autres patients. Ceux-ci auraient quasiment " dicté un rôle " aux deux jeunes filles ".
Il semble que la première malade, Angélina, aurait provoqué une chute de pierre, qui peut même avoir eu une origine normale. En effet, les personnes présentes sont dans une situation psychologique fort instable : l’établissement va fermer, les patients devront donc quitter un lieu où ils se trouvaient bien ; les membres du personnel sont inquiets pour leur emploi. Une rumeur peut s’être diffusée, attribuant un incident possiblement banal à un poltergeist. Certes, le Dr Cuénot remarque, durant son enquête : " J’ai pu noter cette espèce de refus systématique qui est presque l’inverse d’une suggestion collective : tout le monde se refusant à admettre une explication irrationnelle, puis, devant l’impossibilité d'une interprétation, s’efforçant de ne plus y penser en s'abstenant de tout commentaire. " (ibid., p. 105). Ceci n’exclut rien, car les psychanalystes savent qu’un refus conscient peut masquer l’inverse, au niveau inconscient.
Jacqueline arrive alors. Dans le climat d’inquiétude, un amalgame a pu s’effectuer entre elle et Angélina, d’autant qu’elles occupent la même chambre et qu’elles sont toutes deux jeunes, assez jolies, un peu intrigantes et instables sur un plan psychologique et affectif. Ce qui a pu produire un " effet d’attente " (Rosenthal, 1971).L’émotion du groupe, fixée sur les deux jeunes filles, pourrait constituer le moteur du poltergeist, même si leur responsabilité ne saurait être entièrement exclue. Tocquet écrit en effet (ibid.) :
La plupart des poltergeists semblent constituer le reflet matériel d’un contenu psychique. Ce contenu prend force d’une mise en résonance des fonctionnements mentaux de plusieurs individus, comme le dit Sylvain Michelet (1994). J’en ai précisé ailleurs le mécanisme (1991, p. 52) : un message de l’ordre de " je crains les pierres " aurait pu ainsi circuler dans le groupe, et s’amplifier jusqu’à des degrés extrêmes (la chute des pierres était menaçante mais non dangereuse, pour le personnel et les malades). Si on admet la relation entre la pensée et les faits, une telle hypothèse permettrait de ne plus chercher " la jeune fille instable " comme cause du processus. Celle-ci ne ferait que cristalliser une émotion qui la dépasse. Sylvain Michelet traite les poltergeists avec les méthodes de thérapie familiale ! Il remarque que le poltergeist le plus fort survient dans un contexte où aucun mode d’expression n’est possible. Le poltergeist constituerait une sorte de voie de décharge d’un trop-plein d’énergie psychique (suivant la conception " énergétique " de Freud).